18 septembre 2010

The cat who followed the white rabbit...


Cela fait quelques mois que je n'ai pas tenu ce blog a jour, mon taux de motivation etant inversement proportionnel a mon retard...


Depuis ma derniere note,  il y a eu les jours hippies et les jours happy, les jours atypiques et les jours epiques... Une viree dans un vieux van a travers le Southland entre alcooliques cosmopolites, quelques randonnees qui m'ont prouvee que quand on veut on peut, ma rencontre avec Mitch qui pourrait bien s'averer l'homme de ma vie, et puis la fin de mon voyage "en solitaire" (accompagnee par d'autres voyageurs bien entendu) a travers l'ile du nord puis l'Australie, avant de se lancer dans nos aventures communes avec mon bel allemand, de Farewell Spit a Queenstown.
Voici trois ptites cartes pour mettre a jour mes compteurs depuis neuf mois...




Apres six mois sur la route, j'ai pu faire une etape un peu plus longue a Queenstown, ou, tels les oiseaux migrateurs, nous sommes restes deux mois et demi pour l'hiver. 


Fatigues de l'ambiance superficielle et hyper touristique, nous sommes ensuite partis fin aout pour Oamaru sur la cote est visiter mon ami Terry et sa partenaire Tracy, le couple le plus rock'n roll de l'ile du Sud...


Lorsque notre avion decollera le 21 septembre, cela aura fait 1 mois et 1 jour que nous aurons passe en haut de la colline a laisser nos regards deriver sur l'horizon comme nos esprits sur l'avenir... En toute honnetete probablement parmi les meilleurs jours de ma vie.


25 juillet 2010

Humour kiwi

En plus d'etre un pays dote d'une hospitalite inimaginable et de paysages a couper le souffle, la Nouvelle Zelande s'offre le luxe d'avoir un peuple au sens de l'humour desopilant et parfois...deroutant !

Si l'on devait tracer un itineraire des blagues kiwis les plus inattendues, on pourrait commencer par une tranquille petite viree sur l'ile nord, en faisant bien attention a ne pas rouler a plus de 85 km/h dans les virages sur une route limitee a 80...


Ne mesestimez jamais la capacite du kiwi a vous faire suivre chaque faille de la falaise sur plusieurs dizaines de kilometres - si possible sur un terrain poussiereux par beau temps et boueux par temps de pluie (vous avez dit goudron ? heu, non). Attention, une orniere en Nouvelle Zelande n'est pas un oeuf de poule mais un oeuf de moa - ancetre de l'autruche. 


Comme vous n'avez pas envie de mourir, vous penserez a vous rappeler que s'il y a effectivement des virages conseilles a 25 km/h, il y en a qui devraient etre conseilles a 5 et ne le sont pas du tout.

Allez, une petite derniere pour la route : pas plus de 100 km/h sur la plage hein, et attention au sables mouvants (signales par les carcasses des voitures qui n'avaient pas eu le privilege de connaitre ce blog) !



Un incontrolable besoin de se ressourcer aupres de la nature sauvage apres ces petites boutades routieres pourrait ensuite vous pousser vers cette majestueuse foret de kauris multimillenaires, rendre hommage au plus large kauri vivant du pays (16,4 m de diametre quand meme le lascar). Emerveilles, vous en profitez pour passer un bonjour a son cousin le Yukas, 7e plus gros kauri du pays... Apres une demie heure de marche, vous voila autorises a caliner le gros nounours vegetal, avant de poursuivre votre chemin, curieux de voir ce que vous reserve la suite du chemin balise. Eh bien nulle part, comme vous le constaterez avec un ravissement blase. Vous avez gagne le droit de revenir sur vos pas.


Cet etrange itineraire vous conduirait ensuite probablement le long de la cote est de l'ile sud, a la recherche de quelques sauvages tetes a tetes avec les hotes de ces cotes, comme les dauphins ou les pingouins. A Akaroa on vous fera payer 150 dollars pour nager... avec les vagues, et a Oamaru on ne vous chargera que 7 dollars pour voir... des falaises. Pourtant ils sont bien la... sur le panneau ! mais personne ne vous avait dit qu'ils ne se montraient que le soir ? Vous voila maintenant au parfum !
Et surtout ne le dites a personne, mais dauphins et pingouins vous attendent en fait gracieusement (dans tous les sens du terme) sur la plage de Curio Bay, dans les Catlins, un peu plus au sud... Eux aussi sont des farceurs sans doute...


Puisque vous voila dans cette magnifique region des Catlins, epargnez vous la peine d'un detour jusqu'aux Niagara Falls les malnommees. Encore une petite facetie de la part d'un kiwi qui avait visiblement visite les Niagara Falls d'Amerique du nord, et probablement depite de devoir revenir dans son trou, a decide que tout bon touriste qui passerait dans le coin s'arreterait - pour rien - aupres de ce ridicule ruisseau vaguement en forme de fer a cheval (euh, en fait non meme pas...).



Depuis les Catlins, votre prochaine desopilante etape serait Stewart Island, une ile au sud de l'ile du sud, accessible depuis la tres inutile cite de Bluff et dont tous les neo-zelandais disent beaucoup de bien mais ou tres peu y ont deja mis les pieds.
Vous y trouverez entre autres le tres celebre "kiwi crossing" mais preterez peut etre plus d'attention au "beach women crossing", dont je n'ai - a mon grand depit - aucune trace photographique... 
L'une des particularites de l'ile Stewart, hormis le fait que c'est un sanctuaire pour toutes especes d'oiseaux dont certaines rarissimes et proprement endemiques a la Nouvelle Zelande, c'est qu'il s'agit egalement d'un sanctuaire pour les sandflies, sorte de moustique local et l'une des trois plaies du pays avec les lapins et les possums. Alors que je preparais mon expedition dans cette contree hostile (une seule ville, une superette et deux pubs !), une connaissance kiwi m'a recommande au creux de l'oreille un remede miracle contre ces infernales bestioles...: ingurgiter un pot entier de vegemite une semaine avant le depart. Apres reflexion, j'ai prefere affronter les hordes sanguinaires plutot que de risquer d'abandonner mes tripes sur le carrelage. J'ai beau etre pro les remedes naturels, faut pas non plus pousser le vice...


26 mars 2010

Dunedin

Dunedin, cite etudiante par excellence, est reputee pour ses longues soirees de fete et ses bars animes. J'arrive a la fin des vacances d'ete, un vendredi soir. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas foule. 
Je finis par trouver un backpack plutot relax a quelques centaines de metres de la gare, le Penny's. Internet gratuit, chambres confortables et pas cheres, enorme lounge TV, et un staff fort sympathique compose de plusieurs autres backpackers europeens avec qui je sympathise assez vite... Quelques parties de billards plus tard, je suis doucement happee par cette grisante sensation du bien-etre du voyageur... Quel que soit le lieu ou les gens que l'on rencontre, tout parait plus facile, plus evident, les coeurs et les esprits sont ouverts et la communication fluide... Samedi me parait plein de promesses.

Le lendemain matin, il pleut. Il en faut plus pour me decourager de visiter la ville. Je cherche un cafe. Mais pas n'importe quel Starbucks ou sandwicherie glauque... Un endroit qui incite l'esprit a se preparer doucement pour la journee. Apres un chocolat chaud et une part de pizza sur fond de Bob Marley en lisant la feuille de chou locale, j'expedie ma visite du centre sous un crachin mesquin.
 

De retour a l'hotel, je finis apres quelques reticences par me laisser embarquer en "visite guidee" par l'un des membres du staff, un kiwi originaire d'Invercargill, soixante piges, sec comme un clou, la langue bien pendue et qui ne manque pas d'histoires incroyables pour alimenter la conversation. A l'instar de nombreux kiwis que je serai amenee a rencontrer, il a exerce de nombreuses professions et sait se servir de ses deux mains. Cuistot,  guide touristique, pecheur, marin et charpentier a ses heures, le bonhomme parvient a me captiver malgre son terrible accent du terroir...


Finalement, la visite guidee se termine en visite privee puisque nous ne sommes que deux dans le van. Nous nous rendons donc a Tunnel Beach, un endroit qui pourrait evoquer certains banals paysages bretons, si n'etait la couleur extraordinaire de ces falaises de sable.






A part l'excentrique geometrie des lieux, le seul veritable point d'interet est ce tunnel creuse lors de la (courte) periode de prohibition qui a frappe la cote est il fut un temps, afin de ne pas laisser les braves gosiers dunedinois se dessecher si tristement.


De retour a Dunedin, nous explorons rapidement le centre puis la fameuse rue la plus pentue du monde (soit disant), l'universite, avant de retourner vite fait a l'hotel histoire de manger un morceau avant d'entamer ce samedi soir comme il se doit.


Dimanche, la tete loin dans les nuages, je prends le bus - pour la derniere fois sur l'ile du sud - direction Invercargill, tout au sud de l'ile Sud.


Wanaka, Queenstown, et le lait chinois

Wanaka et Queenstown sont de ces villes dans lesquelles on sait que l'on reviendra, sans but precis, juste parce que l'atmosphere exige une seconde visite pour bien s'impregner des lieux... 
Ma premiere excursion a Wanaka s'est revelee etre le debut d'une nouvelle facon de voyager. Mon vague a l'ame de Mont Cook m'a permis de realiser que j'etais loin d'avoir la bonne attitude pour profiter pleinement de ce sejour. Disons que mon silence de ces deux derniers mois prouve que cette petite remise en question a porte ses fruits : j'etais trop occupee a profiter de chaque instant pour partager cette experience en temps reel !

Premiere lecon : le bus c'est pour les cons.
Apres avoir ete prise en stop par un vieil anglais charmant qui venait tout juste de perdre sa femme (ouh la boulette !), me voila sur cette route deserte digne d'un bon road movie a la Las Vegas Parano. Le centre de l'ile sud est un foutu desert de collines brulees ou pas un mouton n'ose flatuler, pas un lapin n'ose secouer son petit cul blanc devant notre pare-brise, nada. Un paysage kiwi sans lapins et sans moutons, c'est quelque chose d'assez rare pour etre impressionnant.


Une fois crachee a Wanaka (apres, disons-le, un copieux detour pour mon chauffeur), je deboule dans l'auberge de jeunesse reservee la veille (deuxieme lecon : ne jamais reserver son hotel). Deception, l'ambiance est au point mort. Je ne me laisse pas demonter et file dans le centre ville ou mes pas me guident vers le Kai Whakapai, un bar de toute beaute avec DJ sur le trottoir et terrace pleine a craquer de gens bruyamment de bonne humeur. Pinte en main, je scrute les alentours avant de me jeter a l'eau. Je m'asseoie a une table et entame la conversation... des frenchies ! C'est comme si je renaissais.
Quelques heures plus tard, je file recuperer mes affaires a l'auberge - tant pis pour la nuit payee ! - et les rejoins dans la voiture qui m'embarque pour deux ou trois jours d'improvisation totale. Bien qu'ayant deja reserve mon bus (n'ayant pas encore bien integre la lecon numero 1), je jettes mes plans et tentatives d'organisation par la fenetre. Dunedin attendra. A moi Queenstown !

Le lendemain, reveil vaseux sur plage abandonnee quelque part au large de Wanaka. 



Hesitations. Ai-je bien fait ? Un petit dejeuner sur le pouce avec lait en poudre et bain dans le lac met mes doutes a terre. On verra bien. Nous partons donc pour Queenstown, faisant etape a Arrowtown, petite bourgade miniere ayant garde des airs appuyes de far west, et notamment reputee pour son architecture et son travail de la pierre de jade.

C'est un peu etrange de se retrouver parmi ces gens qui se connaissent deja, mais j'aime leur esprit d'improvisation quasi totale. 



 Nous ne passons pas beaucoup de temps a Queenstown, surnommee "tourist land" par les inities. Et c'est vrai que quand on deambule dans les rues de cette charmante cite, capitale des sports exctremes, on ne peut s'empecher de se sentir un peu comme a Disney. Tout y incite a la consommation, de jour comme de nuit comme je l'experimenterai lors de ma seconde visite...
Nous larvons donc deux ou trois heures avant de nous mettre en quete d'un camping, gratuit si possible. Notre avarice va nous conduire a une experience completement inattendue et fort interessante. Vers 20h30, nous sommes encore sur la route, et ce qui devait etre une petite misison d'une demie heure se transforme en expedition sur les traces de Peter Jackson, qui est cense avoir tourne l'une des scenes du Seigneur des Anneaux pres de Glenorchy, tout au nord du lac qui borde Queenstown, dans un parc national bien nomme Paradise. 


La route est magnifique, et une fois sur place, l'enchantement est au rendez-vous. Nous n'avons aucun droit de camper la, mais c'est  bien evidemment le cadet de nos soucis. Nous profitons pleinement d'etre la ou personne d'autre ne se trouve, un petit morceau de paradis perdu, a l'abri du regard et de l'effervescence touristique habituelle... Ha ha.
Apres l'un des meilleurs riz cantonnais de ma vie, au feu de bois et dans le noir, tout le monde va rapidemment se coucher. Personne ne s'imagine alors que la nuit va etre bien plus courte que prevue.


 A cinq heures du matin, un vrombissement nous reveille. Deux puissants phares vont et viennent le long de nos tentes tandis que quelques personnes murmurent dans l'obscurite matinale...
J'ai une petite goutte de sueur froide. Les rangers ? On est cuits. Amende salee a la cle, pour camping illicite dans un parc national. L'un des frenchies a mis le nez dehors.
"Sorry mate, we're gonna do a movie here."
Je sors de mon trou, pas persuadee d'avoir bien compris tellement la reponse me parait incroyable. Un vieux bonhomme court sur pattes se trouve la, au pied d'un gigantesque camion dont le generateur, aussi discret qu'un avion de chasse, est installe juste en face de ma tente. Il nous explique fort aimablement qu'il est le dirigeant d'une compagnie de production chargee de filmer un spot publicitaire pour du lait chinois. Il est absolument desole de nous avoir reveilles, persuade qu'il etait que personne ne se trouvait la puisqu'il etait venu verifier la veille au soir l'etat des lieux loues pour l'occasion... Pour se faire pardonner, il nous invite a se joindre a eux pour le petit dejeuner, nous expliquant avec un sourire que d'ici une heure, une soixantaine de personnes, vingt voitures et deux autres camions devraient se joindre a la fete. Plus on est de fous plus on rit !
Je n'en crois pas mes oreilles. Mais ce qui me defrise, ce n'est pas tant d'etre reveillee a cinq heures du mat' pour du lait chinois au cadmium. C'est d'etre invitee a partager un somptueux petit dejeuner au lieu d'etre jetee dehors comme une malpropre - et comme il serait parfaitement en droit de l'exiger. 
 

Un peu heberlues, nous rallumons le feu de la veille en attendant que les choses se mettent en place. 
Bientot, c'est l'effervescence. Preparer un petit dejeuner pour soixante personnes, ce n'est pas du luxe ! Je me retrouve avec un autre francais a bavarder avec les cameramans - les autres ayant preferes retourner se coucher - et a echanger quelques plaisanteries sarcastiques au detour d'un morceau de bacon arrose d'omelette et de croissants (si si !). J'apprends dans la foulee que la route parcourue hier depuis Queenstown est l'une des plus prisee de Nouvelle Zelande pour tourner des publicites pour voitures. De nombreuses compagnies internationales font appel a eux chaque annee, et plus d'une vingtaine de spots sont tournes a l'endroit ou nous nous trouvons actuellement... Plutot interessant de voir la psychologie mise en oeuvre par les agences de communication, qui d'un pays a l'autre ont recours a un meme endroit pour vanter aussi bien les charmes du petrole que du lait de vache... Un beau paysage reste un beau paysage, peu importe les valeurs pour lesquelles il est prostitue par le ministere de l'environnement...
    

J'ai un bref instant de pitie (tres bref je dois dire) pour l'actrice chinoise qui doit parcourir gracieusement les cotes du lac une cinquantaine de fois avant de trouver le bon jete de talon, completement glacee dans sa ridiculement fine robe blanche evaporee, gardant le sourire malgre les hordes sauvages de sandflies qui ne laissent aucun repit meme au plus endurci des kiwis...


Une fois lassee de degoiser mechamment et gratuitement sur cette icone laitiere, je me laisse aller a la  magique contemplation du lever de soleil sur le lac diamant, en compagnie de quelques faucons pas farouches..



Une fois remis de nos emotions, nous sautons dans la voiture, direction le parc national. Une fois sur la route, je comprends mieux la confidence d'un des cameramans, m'expliquant que les publicites Milka etaient tournees dans le coin. Le pauvre homme n'avait sans doute pas conscience du choc emotionnel qu'il avait provoque. Quoi ! Notre bonne vieille vache violette ne tirait pas sa sublime couleur de nos grassouillets alpages ? Ben oui quoi, pourquoi tourner une pub si pres de chez soi quand on peut s'offrir le bout du monde ?



La journee passe a une allure faramineuse, tout occupes que nous sommes a chercher des pierres de jade dans le lit des rivieres que nous traversons en voiture... Puis c'est le retour a Queenstown, ou mes compagnons d'un jour me deposent gracieusement afin que je puisse sauter dans le bus m'emmenant enfin vers Dunedin !

20 février 2010

Tekapo et Mont Cook

Comme j'ai enormement de retard, je vais tenter de la faire courte.
Ma premiere semaine achevee, je decide de mettre les bouts vers le centre de l'ile sud. Ma premiere etape sera Tekapo, un lac issu de la retraite des glaciers, aux eaux extraordinairement turquoises.


Cette magnifique couleur est due a la "rock flour", de la "farine de rochers" produite par le frottement des pierres entre elles lors de la retraite des glaciers qui reste en suspension dans l'eau depuis des milliers d'annees. Cette poudre reflete le ciel et donne au lac cette couleur si particuliere. Je tombe instantanement sous le charme !
Une fois ma tente posee (pour la premiere fois !), direction le "centre" de cette "ville", qui en verite ressemble plus a un rayon de supermarche qu'a une ville.
Le Lonely Planet m'ayant fait raisonnablement baver sur un safari aerien au dessus des glaciers, je m'empresse d'aller reserver mon ticket... Par un coup de bol inoui, nous ne sommes que deux dans l'avion ! J'entends deja les bonnes ames ecolos se recrier "mon dieu, quel gachis de fuel !". En fait, le pilote devait recuperer un groupe de 18 touristes de l'autre cote de la chaine de montagnes, et devait donc voler jusque la bas quoiqu'il en soit.
Je me retrouve donc en compagnie d'un vieil ecossais qui se revele etre le manager d'une tripotee d'entreprises luxueuses (production de whiskey, chevaux de courses...), dote d'un bon sens de l'humour et avec qui je passe un bon moment a discuter de tout et de rien... Au bout d'une heure, nous voila a ricaner comme deux vieux comperes apres un mauvais coup, et j'ai meme droit a un verre de vin dans la mini cite de Franz Joseph en attendant que le pilote emmene et ramene les 18 touristes, avant de nous ramener a Tekapo.

Dans l'avion, c'est le choc ! Je n'ai jamais rien vu d'aussi magnifique, et les images parleront mieux que je ne pourrai jamais le faire...


 

  

  

  

  

Bref, j'en ai le souffle coupe... Ca faisait longtemps que j'attendais un choc du genre, et je n'ai pas ete decue. Soudain je me rappelle pourquoi je suis partie. Pour ca. Exactement ca.
De retour au camping, je papote avec deux hollandais qui ont egalement prevu de faire le Star Gazing Tour. En effet, Tekapo est repute pour avoir les cieux les plus clairs de la Nouvelle Zelande. Pas etonnant : pas un pelerin a la ronde avant au moins deux cents bornes ! Je me contente du tour d'une heure, qui ne permet pas de prendre de photos de la Voie Lactee, mais m'enseigne au moins les bases des etoiles de l'hemisphere sud... Orion, la Southern Cross, Sirius, Alpha Centaurus et meme les grand et petit nuages Magellan, qui sont  ni plus ni moins que d'autres galaxies et nous apparaissent sous la forme de petites taches grises dans le ciel... Le telescope permet meme d'observer une nebuleuse, cette pepiniere d'etoile sous forme de gigantesque nuage de gaz aux couleurs etonnantes. Decidement, Tekapo ne cesse de me surprendre. Il y a comme une sorte de magie dans cet endroit. Toute cette beaute me laisse toute reveuse en retournant a ma tente a minuit passe.

Le lendemain, c'est l'heure de faire travailler les gambettes ! Direction le Mont John, ou je constate l'etendue des degats : 6 ans sans sport sont cherement payes lors de la premiere heure de grimpette. Je sue et souffle comme un vieux phoque asthmatique, avant la recompense finale...


Finalement, je solde mes trois heures de balade sous un soleil ardent par un petit plouf dans ces eaux mirifiques... Nom de dieu que c'est froid 7 degres !!!! Mais cela faisait partie des choses que je ne pouvais pas me refuser ! :)

Une fois remise de mes emotions, direction le Mont Cook, le plus haut sommet du pays ! Le probleme, c'est qu'il n'y a pas de bus qui va la-bas, et je refuse de claquer une somme honteuse pour une navette... La methode du pouce levee me parait donc la plus appropriee... J'ai le temps de bruler une bonne demie heure en maudissant les caravanes de vieux beaufs qui ne s'arreteraient meme pas pour leur mere... Finalement, ce sont trois iraniennes qui m'emmenent a la jonction des deux routes. Le pouce pret a jaillir, je me prends a m'inquieter serieusement sur mon devenir pour la nuit... L'heure tourne et ce n'est pas franchement l'autoroute...

 

Trois argentines m'embarquent finalement jusqu'au camping du DOC (ministere de l'environnement) et je passe la soiree a papoter en espagnol avec elles sur la decrepitude de leur pays... 
Le lendemain, direction la Hooker Valley, une petite balade de trois heures sans trop de difficultes - tout ce qu'il faut a mon corps encore fourbu de la veille (si si). Encore une fois, c'est superbe. La promenade traverse la vallee et vient se terminer au pied d'un lac sur lequel flottent quelques icebergs tenaces... Au loin, le Mont Cook en impose du haut de ses trois mille metres et quelques...


 

 

De retour au camping, je decide de boucler mes affaires et de sauter dans la premiere voiture venue. Je suis finalement rester deux fois moins longtemps que prevu. C'est beau la nature, mais seule, ce n'est pas tres marrant (les argentines etant parties pour Tekapo). Mon addiction chronique a la presence des autres devient oppressante. Il me faut de la civilisation, du bruit, une biere, des gens avec qui faire la fete. 
En route pour Wanaka donc !

Pingouins fantomes et dauphins furtifs

De retour a Christchurch, je me penche sur la carte du pays... Au sud de Christchurch se trouve une petite ville du nom d'Oamaru. Reputee entre autres pour sa colonie de pingouins bleus et de pingouins aux yeux jaunes (parmi les especes les plus rares au monde), elle me parait une petite excursion bienvenue pour occuper le reste de ma semaine... J'y prevois donc une etape d'une journee, un saut de puce qui me coute quand meme huit heures de trajet aller-retour. Cette journee sera en fait un fiasco quasi total. Apres avoir attrape le bus et mange trois sandwichs confectionnes a la va vite en partant de Lincoln vers 6h du matin, je me mets en route sans plus tarder vers la colonie.
Le passage oblige par la vieille ville va plus ou moins sauver ma journee : une multitude de petites boutiques anciennes sont accolees les unes aux autres, parfois entrecoupees par des ateliers d'artistes dans lesquels le passant peut librement entrer et admirer les sculptures sur bois ou pierre, ou encore les tissages a l'ancienne... Des couloirs a moitie dissimules permettent de passer d'une rue a l'autre, decouvrant au passage des "expositions" parfois inattendues...

 

 

 Arrivee a la colonie, je paie mon entree (!) et me met en quete des celebres piafs censes vivre sous les maisons et traverser les routes en rang d'oignon... Oui mais le probleme, c'est qu'une fois entree, je comprends que ces saligauds ne se pointent qu'a la tombee de la nuit et que j'aurai beau scruter les rocs, les seuls pingouins que je verrai sont ceux du panneau !




Passablement enervee par cet echec, j'en profite pour faire une petite sieste en haut de la falaise... Les oiseaux a gauche, l'ocean Pacifique a droite... C'est pas mal finalement !
Au bout du compte, je n'aurai passe que 4h a Oamaru, mal mises a profit, mais j'ai desormais une bonne raison d'y retourner, puisque c'est la que vit Terry, l'un des protagonistes de mes dernieres aventures... (roulement de tambours !)

De retour a Christchurch, le week end se profile comme celui de la realisation d'un reve d'enfant : nager avec des dauphins ! Ayant convaincu mon kiwi de m'accompagner dans cette aventure, nous nous mettons en route pour Akaroa, soit disant bastion francais situe dans la Banks Peninsula deja evoquee lors de notre expedition a Lyttleton. Nous faisons une courte etape sur une plage aux airs de bouts du monde... Le temps d'embourber la voiture, de trouver quelqu'un pour nous sortir de ces graviers traitres et nous voila repartis !



Akaroa est une ville de retraites tout ce qu'il y a de plus british. Tout au plus quelques noms de rues sont en francais, souvenir du temps ou la France avait eu la bonne idee de s'installer en Nouvelle Zelande avant de deguerpir devant la perfide Albion... Pour la forme, je commande ma biere en francais, histoire d'etre chiante. Ca marche. Je suis comblee. Bientot l'heure fatidique ! Le temps n'est pas de notre cote : il fait froid et il crachine mechamment. Pas de quoi me decourager cependant ! Choisir les combinaisons de plongee est un metier en soi, exerce par une locale plutot costaude qui sait en un clin d'oeil ce qu'il nous faut... Une fois engonces dans nos matelas portables qui sont censes nous faire flotter (j'aurais plutot tendance a dire "nous aider a couler") et nous maintenir au chaud, un sourire colgate pour la photo avant le depart (que l'on achetera pas de toutes facons) et tout le monde a bord !
Le bateau secoue drolement, ce qui n'est pas du gout de tout le monde. A notre surprise, nous nous dirigeons carrement vers la haute mer... Moi qui croyait naivement que les charmantes bestioles croisaient pres du port ! Peu importe, des le premier aileron repere, je saute a l'eau. C'est froid, et la mer est bien agitee, mais je m'en cogne comme de l'an 40. En ce qui concerne les dauphins, on ne peut pas vraiment dire "nager avec  eux". Au mieux, ils nagent autour de nous, et nous passons notre temps a nous retourner pour tenter de les apercevoir de plus pres. Nous avons bien un masque, mais l'eau est tellement laiteuse qu'ony voit goutte... Sean tient le coup environ une minute avant de retourner illico sur le bateau ! La combinaison eau froide plus enormes vagues ne lui reussit pas... En tout cas, ils n'ont pas menti sur la flottaison de la combinaison : impossible de nager avec ce truc en caoutchouc epais qui vous ceinture et vous etouffe ! Malgre tout, cela reste une sensation incroyable de les voir de si pres, monter a l'assaut d'une vague a un metre de soi, disparaitre sous l'eau et resurgir vingt metres plus loin en deux secondes quand on s'attend presque a les sentir contre ses jambes... Au bout d'une heure (ou deux), nous repartons vers le port. Geles. Une tasse de flotte au chocolat nous rechauffe l'espace d'un instant, puis commence la longue attente jusqu'a la douche chaude promise a l'arrivee...

De retour a la voiture, j'hesite entre etre desolee et me moquer de mon pauvre kiwi qui s'est gele les fesses pendant deux heures sur un rafiot et a paye 130 dollars pour ca... Finalement, la bonne humeur l'emporte, et  apres une courte expedition sur une presqu'ile ou se situe un ancien avant-poste maori, nous finissons la journee par la rassurante portion de frites bien au chaud dans un cafe panoramique - de vrais touristes !!